Des têtes de gondoles équitables
Par lisa le lundi, juin 2 2008, 08:16 - L'actu du commerce équitable, du bio et du développement durable - Lien permanent
Amis lecteurs du Blog du Commerce Equitable et du Bio, BONJOUR
. Je vous souhaite à tous un bon début de semaine après ce week-end reposant pour certains et harassant pour beaucoup d'autres.
Pour commencer dans la joie et la bonne humeur, vous trouverez ci-dessous un article provenant du Figaro.
Leclerc, Carrefour, Intermarché… les grandes surfaces s'intéressent de près aux produits des agriculteurs des pays pauvres. 2,4 milliards d'euros le chiffre d'affaires du commerce équitable dans le monde.
Achetez-en deux et la seconde est à moitié prix. La tablette de chocolat noir 70 % de cacao « équitable » Ivoria, marque d'Intermarché, sera à prix cassé en mai. Elle vaut environ 1,20 euro d'ordinaire. Les Mousquetaires voulant marquer le coup à l'occasion de la Quinzaine du commerce équitable ont même prévu une campagne de pub à la télé. «Baisser les prix, assure Fabienne Alabret, directrice marketing des marques propres chez Intermarché, c'est la seule façon de rendre le commerce équitable accessible au plus grand nombre.»
Les centres Leclerc s'y mettent eux aussi avec leur marque Entr'aide. Catherine Gomy, directrice qualité et développement durable chez Leclerc, n'a pas d'hésitation. «Plus les produits de commerce équitable seront achetés en France, dit-elle, plus les petits producteurs pourront profiter du système
.»
L'an dernier, les produits issus du commerce équitable ont représenté un chiffre d'affaires de 210 millions d'euros, soit dix fois plus qu'en 2002
. Mais c'est encore une goutte d'eau pour la grande distribution qui réalise pourtant 70 % des ventes. Ils ne représentent que 0,2 % du chiffre d'affaires des centres Leclerc dans les produits de grande consommation et de produits frais.
Nous reproduisons avec le commerce équitable la démarche que nous avons engagée sur le bio et les produits écologiques avec la volonté de les rendre accessibles auprès du grand public, estime Sandrine Mercier, directrice du développement durable chez Carrefour. Cela s'inscrit dans notre politique de marques.
Ethiquable vient de lancer une tablette de chocolat équitable au lait sésame-gingembre
. Pour fêter ses 10 ans, Alter Eco innove avec un chocolat noir 100 % bio et équitable : les émissions de CO2 qu'occasionne sa fabrication et son transport sont compensées par des plantations d'arbres en Amazonie péruvienne.
"Le commerce équitable, c'est d'abord du commerce", souligne Catherine Gomy chez Leclerc. "On paie plus cher la matière première mais, pour nous, la marge est la même. C'est le consommateur qui paie la différence." Chez Carrefour aussi, Sandrine Mercier rappelle que « le consommateur fait un geste de solidarité vis-à-vis des petits producteurs.
Carrefour maintient son niveau de marges. » Côté fabrication, la méthode ne change pas. Alter Eco fournit du jus d'orange à Carrefour et Auchan. Malongo pour sa part est derrière le café équitable du Mexique de Carrefour.
Sinon, le processus de fabrication est classique. «Nous faisons notre boulot avec nos fournisseurs habituels, précise Yves Barbier, directeur de la Scamark, centrale d'achat de Leclerc. Ce qui change, c'est l'origine de la matière première qui vient de coopératives du Sud que nous ne connaissons pas nécessairement.»
Tristan Lecomte, fondateur d'Alter Eco, le déplore.
Faire du commerce équitable sans même connaître le producteur, c'est une dérive. Nous sommes plus puristes que la grande distribution, reconnaît Christophe Eberhart, cofondateur d'Ethiquable. Mais les grandes surfaces, avec leurs marques, contribuent à développer le marché. C'est une bonne chose.
Une bonne chose qui conduit ces PME à être traitées comme n'importe quel fournisseur de la grande distribution. «Cet été, un distributeur a déréférencé une quinzaine de nos produits, confie Tristan Lecomte. Il refusait nos hausses de tarifs. Pour nous, c'était près de 20 % de chiffre d'affaires en moins d'un coup. Heureusement, nous sommes parvenus à un accord en leur proposant d'autres références.»



Commentaires
Un bien contre un mal...
Très bien d'ouvrir un peu plus les produits équitables et bio au grand public.
Un grand mal parce que finalement c'est toujours les grosses structures qui vont manger tout le marché (ils peuvent facilement réduire leur marge et vendre moins cher), ce qui pénalisera toutes les petites structures qui se battent depuis des années pour faire vivre le bio et l'équitable...
Une certaine étique à garder... J'ai un carrefour à côté de chez moi, mais je préfère m'approvisionner au biocoop
J'imagine mal comment appliquer les méthodes de la grande distribution au commerce équitable n'aura pas le même résultat qu'avec le conventionnel.
Les agriculteurs conventionnels subissent au final la pression des prix de l'ensemble de la chaine.
Les producteurs de la filière équitable risquent fort eux aussi de subir cette pression, et les produits équitables n'en auront plus que le nom...
Ca va au-delà de cela!
Les petits producteurs VONT subir la pression de leclerc. On dit que Leclerc pratique les mêmes niveaux de marges sur l'équitable que sur le non équitable; comme c'est le consommateurs qui paye la différence, déduisez-en que Leclerc exerce la même pression sur les prix sur les coopératives que sur les autres, et pas question je pense de faire du préfinancement pour leur permettre de se développer
: on paye à 90 jours et on met tout ça sur les marchés financiers entre le moment où le client a payé son caddie et le moment où le fournisseur le sera!
Il n'y a plus de limite dans l'exploitation de la bêtise humaine! Comment expliquez vous que Leclerc avec sa marque "Entr'aide" vous vende 500g de riz certifié Max Havelaar 1.3€ alors que auparavant à la marque Alter Eco on vous le vendaiit le double dans le même magasin. Ils ont les mêmes fournisseurs (certifiés par FLO, FLO-Cert, Max Havelaar, de toutes façons c'est pareil); Alors soiit Alter Eco a vendu ses produits à 100% de marge au nom de l'éthique, soit il avait beaucoup de marges arrières à redonner à ses clients de la grande distribution, soit Leclerc a acheté beaucoup moins cher que Alter Eco, et là est ce encore un tout petit peu équitable pour le pauvre paysan du sud que vous n'aidez finalement pas?
Il faut réagir et arrêter de se regarder le nombril., on vous sert 95% de flan au caramel, un truc qui bouge un peu quand on le remue.
Pour en savoir plus et savoir ce qu'est le commerce mondial /[/url]http://www.fairfashionvn.org/fairfashionvietnam/arnaqueoupas.html[/url]
Je répète le lien pour que vous n'ayez pas besoin de tout recopier car comme dit en bas le code HTML est affiché comme du texte.
http://www.fairfashionvn.org/fairfashionvietnam/arnaqueoupas.html
à propos des stratégies de prix :
la certification Max Havelaar est un rempart pour le producteur. Leclerc ou consort ne pourra pas payer moins cher le même riz qu'Alter Eco.
Mais alors ? qu'est-ce qui peut justifier un prix aussi bas ?
Facile :
1. Les économies d'échelle d'importation : importer plusieurs conteneurs de 40 pieds de Bangkok, ma foi, c'est moins cher que des 20 pieds. En plus, quand on s'appelle Leclerc et qu'on en fait bouger beaucoup de conteneurs, on paie moins cher le logisticien qui se reprend sur le volume.
2. Les économies d'échelle de distribution : Leclerc éduque-t-il au commerce équitable "at large" ? Non, seulement dans les plate-formes qui ne lui coûte rien. Y'a-t-il des marges arrières ou avant ? Mais non, son prix, c'est la marge finale, le "dead net" incluant sa promo minimaliste.
3. Les stratégies marketing : loss-leader ou "preemptive distribution". Vous savez, des concurrents n'hésitent pas acheter tout le stock d'un concurrent pour prendre sa place sur une tablette. De la même façon, pour détourner le trafic client d'une marque connue, Leclerc peut très bien décider de vendre à perte ou au coûtant. Jusqu'à ce que les concurrents meurent et haussent le prix par la suite.
Mais comment peut-on mettre en oeuvre et maintenir une telle stratégie suicidaire ? Car on pisse du profit sur les produits conventionnels vendus ailleurs en magasin et ces profits subventionnent les pertes sur Entr'aide ou autres marques. Et ça, malheureusement, c'est qu'Artisan du monde ou biocoop qui ne le feront pas.
Et Entr'aide, vous trouvez pas la marque un peu trop charitable et non justice ? Leclerc a dû passer par son chemin de Damas et subir une illumination quelconque...

Finalement, commerce équitable ou pas, on en revient toujours au fait que le détaillant ne peut pas rivaliser avec la grande distribution!